Corregidora

Gayl Jones
traduit par Madeleine Nasalik
Gayl Jones, Corregidora

Chaque soir dans les cabarets du Kentucky, Ursa monte sur scène et chante le blues, ce qui rend fou de jalousie son mari. Une nuit, il se fait violent, Ursa tombe, perd l’enfant qu’elle portait. Il n’y aura personne à sa suite à qui raconter ces histoires qui la hante, ces récits que sa mère et les femmes avant elles se sont transmis de génération en génération, pour prévenir leurs filles et pour ne jamais oublier. Des histoires d’hommes et, surtout celle de Corregidora dont elles étaient les esclaves là-bas, au Brésil, et dans le lit duquel il leur a fallu gagner quelques miettes de pouvoir et de liberté.

Incontournable classique américain pour la première fois traduit en français, Corregidora est un grand chant de révolte et de liberté. Dans ce roman sensuel, charnel, on entend la voix des femmes soumises aux désirs des hommes, livrées aux élans passionnés ou rageurs de leurs corps et qui rappelle que l’histoire de l’esclavage se grave aussi dans le ventre des femmes.

  • Née en 1949 dans le Kentucky, Gayl Jones, repérée par Toni Morrison qui devient son éditrice, publie Corregidora, son premier roman, en 1975. Elle est immédiatement acclamée par le monde des lettres américain. Après un silence de près de 22 ans, son dernier roman est paru en 2021 aux États-Unis.
  • Personne, plus jamais, n’écrira de la même façon sur les femmes noires après ce roman.
    Le portrait le plus brutalement honnête de ce qui a animé, et anime encore, l’âme des hommes et des femmes noires.
    Gayl Jones est un mouvement littéraire à elle seule. Ses livres sont dramatiques, charnels, sexuellement violents, éloquents et durs.
    Elle a changé la littérature noire à jamais. Puis elle a disparu. Jones est l’un des écrivains les plus polyvalents et dont l’influence fut la plus notable au XXème siècle.
    C’est l’une des meilleures romancières américaines, et pourtant vous ignorez sans doute son nom.